fév 10

Les Frissons de l’angoisse, de Dario Argento (1975)

Catégorie: Gros plans

Les Frissons de l’angoisseDurant ces premières armes au cinéma, Dario Argento (l’un des maîtres du Giallo avec son compatriote Mario Bava) a toujours aimé tirer parti d’une intrigue policière (avec une enquête diligentée par le personnage principal, afin de retrouver le coupable de crimes horribles). Son premier long-métrage, L’Oiseau au plumage de cristal (1970), en était un édifiant exemple. Son quatrième, Les Frissons de l’angoisse, est en fait une ampliation des éléments de base du précédent, pour autant tout fonctionne moins bien dans ce thriller horrifique : les aspects qui parvenaient précédemment à nous séduire, nous laissent ici de glace. Du reste, il est surprenant de constater qu’un réalisateur aussi créatif qu’Argento applique à maintes reprises, ses propres recettes.

L’histoire est donc largement inspirée du film qui a lancé, six ans auparavant, sa carrière. Elle s’amorce à Rome avec la voyante Helg Ulmann (Macha Méril) qui invitée à un colloque, est prise d’effrayantes sensations, semblant percevoir la présence d’un dangereux tueur dans la salle de conférence. Et alors que la journée se terminait somme toute assez bien, la pauvre dame se fait atrocement éliminer chez elle. Seul témoin, Marcus Daly (David Hemmings) un musicien qui passait par là, et qui n’eu malheureusement que le temps de contacter la police, arrivant sur les lieux trop tard. C’est alors qu’à l’instar de Sam Dalmas dans L’Oiseau au plumage de cristal, Marcus décide de mener sa propre enquête, à l’écart des autorités. Ce faisant, ce dernier n’hésitera pas à mettre sa vie en jeu, l’assassin connaissant son identité et le harcelant, tout comme plusieurs personnes directement ou partiellement liées, à cette affaire. Un Daly qui au cours de ses investigations fera équipe avec la curieuse et non moins culotée Gianna Brezzi (Daria Nocolodi) journaliste de son état, et bien décidée elle est aussi à percer le mystère…

La forme de ce huitième long-métrage de Dario Argento, est à mon goût assez sommaire et les inventions trop rares. Sans nécessairement être extraordinairement créatif, un thriller se doit d’offrir à son auditoire un certain nombre de diversions, que je qualifierais d’intéressantes, et Les Frissons de l’angoisse est plutôt avare dans ce domaine. L’intrigue progresse mécaniquement, avec plusieurs développements contraires à toute logique (ceci il est vrai n’a jamais été le point fort du réalisateur italien, cependant cette faiblesse n’aura jamais été aussi évidente qu’ici). Le tueur devine tout, est constamment positionné au bon endroit… Au demeurant, les nombreuses interviews données par Argento ont révélés, que celui-ci est fasciné par les assassins et leurs motivations. Ses propos sont presque empreints de respect, ce qui explique probablement l’omniprésence du criminel, dans ce film.

Différentes versions des Frissons de l’angoisse gravitent sur le marché actuel, et je suis convaincu que celles dites plus longues (108 et 126 minutes), si elles ne censurent pas la plupart des scènes de meurtres, doivent également nous servir davantage de détails sur les deux principaux protagonistes. La reportrice, dans le montage de 98 minutes, n’apparaît que dans quelques séquences, trois ou quatre pour être exact, et son rôle dans l’histoire est extrêmement confus. En effet, elle n’ajoute que peu d’intérêt au récit, et surtout l’on ne comprend pas de quelle manière, elle désire aider Marcus. En un mot, plusieurs idées ne conduisent nulle part, le scénario ne creusant pas dans toutes les directions possibles et éventuelles.

Pour ce qui est des aspects positifs du film, ils sont en définitive plutôt rares. Toutefois ils ne sont pas à déprécier, ni même à négliger. Dario Argento atteignant en quelque sorte avec Les Frissons de l’angoisse, un nouveau stade dans l’excellence visuelle – le travail des couleurs (le rouge principalement) est très esthétique, les plans spectaculaires sont plus abondants, les éclairages angoissants également – et son utilisation de la musique du groupe Goblin est ici, très juste et efficace (avec une bande sonore qui tend vers un ton très électronique, dur et effrayant). La présence de David Hemmings dans la peau du personnage principal est également forte intéressante – souvenez-vous, il était le héros de Blow-up de Michelangelo Antonioni : un photographe persuadé d’avoir saisi sur différentes photographies, les indices utiles à l’élucidation d’un meurtre sordide –. Il reprend ici, un rôle assez analogue (même si son photographe était nettement plus complexe, que son pianiste des Frissons de l’angoisse), et l’histoire d’Argento et Bernardino Zapponi semble (non-intentionnellement ?) faire allusion à ce fait, à de multiples reprises. Les parallèles sont peu substantiels, mais ils agrémentent un long-métrage finalement très banal et plus ou moins attrayant.

Les Frissons de l’angoisse se veut donc un thriller trop insipide et prévisible pour réellement nous tenir en haleine, du début à la fin. Les scènes mémorables et effrayantes que l’on retrouve dans bien des œuvres du réalisateur romain sont ici peu nombreuses. L’ensemble est réalisé avec un savoir-faire indéniable, cependant le scénario peu inventif, mine le tout. Médiocre.

 

Version française : Les Frissons de l’angoisse
Réalisation : Dario Argento
Scénario : Dario Argento & Bernardino Zapponi
Distribution : David Hemmings, Daria Nicolodi, Gabriele Lavia, Macha Méril, Eros Pagni
Genre : Horreur, thriller
Durée : 98 minutes
Origine : Italie

 

 

 

La galerie d’images :

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Les Frissons de l’angoisse

 

Aucun commentaire

Aucun commentaire

Laisser un commentaire